Peintures Valrie gurin VALÉRIE GUÉRIN
Peintures Valrie gurin     
 Insoutenable!
Valérie Guérin Carnet de vies, encres & huiles (Éd. Utopsya, 2010)


L'insoutenable légéreté du corps



Confrontée à l'anorexie, Valérie Guérin a soumis ses peintures
et ses croquis épurés au regard de soignants et d'artistes.


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Il est bien difficile de parler de cette maladie qu’est l’anorexie. Notre collègue propose ici le récit en images et en mots d’un parcours personnel sublimé par la peinture et l’écriture. Les œuvres de Valérie GUÉRIN sont éclairées par des témoignages de proches ou de personnels soignants qui la connaissent ou ont été frappés par la profondeur de son travail plastique. Cet ouvrage mosaïque rassemble ainsi poèmes, réflexions, exposés scientifiques complétés de bibliographies judicieuses, autour d’un entretien avec l’artiste qui y exprime sa volonté de pouvoir aider d’autres personnes par son témoignage et son expérience. Car, comme le dit Marcel Rufo dans sa préface : « l’anorexie [étant] un trouble de l’image de soi, […] le dessin, la représentation de soi est une reconquête ».

Blanche SCHMITT-LOCHMANN L’Agrégation n°448 Novembre-Décembre 2010



L’anorexie « croquée »

[…] Comme l’exprime la psychanalyste Claude Sternis,
« cette œuvre impressionne, touche par sa sensibilité et le courage de la démarche de son auteur, mais aussi par son épure, sa force suggestive et sa beauté graphique ». Pourquoi les dessins de Valérie Guérin nous touchent-ils tant ? s’interrogent des contributeurs de cet ouvrage.
« Parce que cette artiste a su exprimer une représentation de la condition humaine en réalisant ces autoportraits. Cette mise à nu, ce dépouillement de l’orgueil des vivants soulèvent une émotion intense. Dès que notre regard rencontre le sien si pur, ses yeux apparaissent tels deux miroirs reflétant notre questionnement sur l’être et sa place au monde, jeu subtil de transparence et intériorité qui ébranle nos certitudes. L’écho de cette mort qui rôde autour de ce corps féminin ne cesse de résonner en nous glaçant d’effroi. L’absence délibérée de vêtements, de bijoux comme une manière de dire : voilà où j’en suis à cet instant précis et vous, où en êtes-vous ? ». Ces dessins en effet nous vont droit au cœur, dégageant à la fois une grande fragilité mais aussi un élan vital par la force du trait et sa maîtrise. Ce n’est pas le réalisme de la représentation qui prime mais plutôt le rendu artistique, touchant et gracieux, d’une souffrance humaine qui s’en trouve transcendée.

Bernadette GONGUET Santé mentale n°151 Octobre 2010


Patrick Navaï, le langage de l’art

[…] On ne s’étonne pas davantage de sa participation à l’ouvrage Valérie Guérin, carnet de vies : une traversée picturale et humaine de l’anorexie dont la récente publication est un audacieux et ô combien généreux pari. Patrick prête sa plume à Valérie. Il accompagne ainsi la grâce et la pureté du trait de crayon de ses autoportraits, dans un élégant pas de deux qui réussit l’exploit de capter notre regard, de nous amener à regarder, à voir et à s’extasier. Une performance à nous faire franchir la frontière du monde de l’anorexie, par nos peurs repoussé au plus loin de nous-même. Pas de surprise non plus à ce que Patrick soit au sein de cette entreprise collective qui réunit, dans une démarche similaire à la sienne, Cécile Bailly du Bois et Gilbert Ray, dans un apport thérapeutique, les compétences de professionnels dont Claude Sternis, directrice de formation à Asphodèle, psychologue clinicienne, psychanalyste. La préface est de Marcel Rufo. Quant à l’édition, elle revient à Michel Blondeau, président et fondateur de l’association Utopsya, dont les publications témoignent d’un inébranlable combat, celui d’œuvrer à ce que l’Art soit au service de la Vie, qu’il soit perçu à sa juste dimension, c’est-à-dire comme les battements de cœur de tout ce qui, sans discrimination, vit, vibre et meurt.

Anne-Marie BENCE Missives n°258 Septembre 2010